19 juillet 2008
AUTONOMIE
00:21 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : leteissier philippe, freud, maman
29 juin 2008
D'un enfant...
ESPRIT
Mon esprit, elle s’appelle léa, Nous connaîtrons la partie adverse il y a 5 ans. Elle est un orphelin, au début elle est 3 ans, c’est moi son ceinture rentrer à la maison. Au début, elle a tomber dans mon sac. Grade je découvris, elle déjà dormis. Elle a dis « frère, j’ai faim ». J’ai à l’esprit (lent)… Il y a passé quelque minute je le dire « pour moi tu ma parlé frère, c’est où ton père et mère ? »
Elle a dit « elle n’est pas père et mère. »…
(j’ai tout transcrit tel quel : ponctuation, majuscules, etc. )
09:44 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sacs pour aspirateurs, virginité, ballast
16 mai 2008
RING
23:44 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bibelot d'inanité sonore, poitrine de veau farcie
24 avril 2008
ACCESSION PARNASSIENNE
Rijve !
23:11 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : baliveaux, ruches, castroix, espleincts
19 avril 2008
THE ALIAN
Mon sursaut tient dans son seul sourire, que je n’obtiendrai jamais, que je ne sais que surprendre, que je me plais à imaginer complice. Je ne suis pas dupe et ma certitude cuisante me fournit l’occasion d’une douleur que je substitue habilement à l’extrême joie que me procurerait le don de ses faveurs si je les recevais.
Je jouis sans cesse en sa présence, d’un plaisir déplacé. Je ne peux me faire d’idées. Je ne veux pas me résoudre à m’en convaincre. Elle ne peut pas penser une seconde ce que je ressens ni partager mes désirs ivrognes. Ses regards qui m’en disent long ne disent en somme rien du tout. Je comble leur lacune d’une envie sourde qui, s’éternisant, prolonge l’illusion d’affinités violemment partagées.
Ce sursaut n’est qu’un fantasme grossier, nourri de mensonges échangés, mal compris, interprétés dans des directions différentes, opposées. Ou camarades ? Ce qu’il y a dans l’air, ce qui y circule, prisonnier de l’inévitable, qui nous échappe et nous rassemble, à l’insu de notre conscience et de notre volonté, ravit notre cœur qui ne sait rien admettre d’évident.
Déplacement d’objets. Sujet de craintes proclamées, qui se contournent dans la concupiscence la plus forcenée. Il s’y trouve à n’en pas douter – et tu n’en doutes pas – une cible que tu n’as jamais atteinte. Et sans cesse, comme une peine que tu t’infliges et dont tu finis pas jouir, tu rejoues l’échec.
Il faudrait des images plus fortes.
Mais toutes sont épuisées.
Il faudrait de puissantes évocations de nous, plus troublantes, plus bleues que le clair de ses grands yeux; je la vois s’éloigner, de dos, nuque ciselée en feuille d’artichaut.
… ondes tranquilles le chemin fait son corps de nuques effeuillées en nuits grandies qu’elle me soient données cette porte ouverte cette douce lucarne ovale sur l’heure ses iris leur bleu d’entre deux eaux dire – est-ce à dire ? – que j’aurai à choisir qu’elle ne donnera pas le choix et qu’elle me confondra comme je suis déjà confondu dans le rêve que je fomente que ses lèvres et son embarras à me le dire s’associent pour me perdre ne dis rien ! sinon rien ne sera plus jamais comme maintenant soudé à l’improbable au bel improbable qui fonde notre poésie qui ne se dit pas je serai là tendu à tes côtés gris déjà de t’avoir si longtemps attendue sais-tu que je te voyais pleurer toujours quand tu me parlais même dans tes joies, mais tes airs se mouillaient imperceptiblement de larmes lorsqu’ils se tournaient vers moi
... qu’il me soit permis cet infâme mensonge tranchant dans ma vie et dans la société complexe de mes valeurs ta possibilité me condamne au mépris et à l’incompréhension elle rend mon présent abordable envisageable enfin depuis que j’en ai été dépossédé je vais pouvoir m’étendre de nouveau dans l’herbe verte et fraîche les mains sous la nuque le nez tourné vers le ciel, je vais renouer avec la langue des nuages myriades de chimères voilà qu’elles passaient nombreuses, déformées, sans formes vraiment, changeantes comme les idées qu’on ne veut pas abandonner
... de toi je suis sûr comme de ce que j’ai envie pour de vrai et ce que j’ai commis je le commettrai encore même par défaut et à nouveau je ne vais pas oser et à nouveau je ne laisserai rien transparaître espérant que mon silence me trahisse sachant que me propulsant sur le mur de l’échec il me préserve d’une situation dramatique et peu enviable que j’aimerais te pénétrer que j’aimerais te soulever et peigner ta nuque de mes gros doigts que j’aimerais pouvoir transformer ces mots, les laver les étendre pour qu’ils sèchent m’en couvrir et me rouler dans leur odeur de ta lessive, les consommer sur place, les trier, les réutiliser à l’envi et avec eux violer ma langue maternelle pour gagner enfin le droit de dire que tout est possible et même contre ma propre voix et en dépit de toute poésie que l’amour serait redevenu possible
… sans d’origine ni de visée tes rondeurs tes hanches surtout celles des hanches le creux des reins comme tes fossettes quand découverte prudemment de manière agencée savante tu tires sur ton chandail pour te couvrir comme pour ponctuer d’une interrogation subtile une espèce de « t’as vu ? » puisque tout en toi fait signe pour moi même le vide qui remplit sans tarir mon imaginaire de cette ivrognerie des sens tu n’es pas du tout un malentendu tu me reviens sans relâche des pieds à la tête savoir que de tout ton corps de tous ses mouvements de tout même ce qu’il ne veut pas me dire, tu m’inaugures
La verrai-je aujourd’hui ?
Il se trouve un bleu de paupières
Ou bien est-ce un vert ?
Il y a au coin des yeux
Ces miraculeux plis de la peau
Pourquoi m’étend-elle
Ces jours de mars
Comme une buée ?
Il y a qu’elle est cette taille modeste
Ce confort de rondes fesses
Il y a que j’en bande irrémédiablement
Je vous jure
Il y a qu’elle ne peut s’adresser à moi
Sans en pleurer
Sans elle aussi mouiller des yeux
Ajoutant de l’eau à ces deux océans
il y a sûrement
Je veux le croire
Que ses eaux se troublent
Qu’il s’en faudrait de peu
Juste d’une traversée un peu trop franche
Il y a
Que
Nous nous embarrassons
Que nous voudrions nous prendre
Nous
Embrasser
juste nous embrasser
Les yeux dans les yeux
A la recherche d’une trace probable
D’amour
Il y a que rien de tout ça ne tient
Que tout pleut
En gouttes tiède et fautives sur la vitre
Et que le train file de toute façon
Sans nom
Il se trouve que rien n’a jamais réellement débuté, que tout n’a fait que demeurer au pied du mur des images qui bougent, pour que je puisse continuer à m’imaginer, pour que la joie de l’évocation perdure que tout ce qui s’espère ne tue pas dans sa dissolution le bel espoir parfait, synonyme de ce que doit être le matin. Tout se fond dans un rêve de malentendus entretenus, de faiblesses diurnes, de promesses diffuses, d’appels en latence, d’aveux tendus, de ralentis traçants, de flous pas artistiques, de traînées d’arôme complices; tout se joue à un seul baiser refusé.
19:21 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : seyes, spires, biosphère, narda
15 avril 2008
SORTS
… pour quel vacarme n’avons-nous pas joué leur teneur d’esbroufe ? - dans leurs matins qui me martyrisent, dans leur sillage oblitérés déjà, les jouer-des-coudes qui nous menaçaient, enfants les fiefs saccagés de nos indulgences, du haut de leur galop à l’emportée, les adultes nous précédaient vainqueurs de leurs vies d’adultes prématurés – et leur moqueries complices consacraient leur Graal dans des tarots bien plus compliqués que ceux qu’ils font claquer ce soir impunément sur leur curieuse tablette d’appoint – vaguement un océan tronqué de bêtise entière se dessine à moi qui me fait fondre cloué au poteau par un débord indécent de grasse imbécillité : ébloui par la honte d’une suffisance révélée, je n’ose pas me reconnaître, et ma bonhomie démocratique n’y suffit plus ; je hais purement, et déteste et maudit sans retenue, sans vérité et sans foi : en homme …
20:13 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, botanique, politique, nihilisme, tour de france
11 avril 2008
LIVRÉES
… nous nous sommes donnés toute mesure à cette orfraie et nous ne valons pas grand chose que le facile prix de la plume qui nous écartèle nous cloue à la porte pieds et griffes liés à l’autre qui nous envisageant nous défigure nous en aurions voulu des joies volées de grêles encores ce que nous entendons nous chavire puisque nous ne nous plaignons que de côtes magnanimes que nous sommes nous qui signons de notre sang clair toujours tous ensemble tout seuls
nous attendons :
ce jour allant
luirait-il nouveau
s’écrirait-il d’une autre
bille
ce jour allant
comme il irait
se livrer blanc
ce qu’il cinglerait
juvénile et clairet
« les voici les permanentées
ces vies équeutées
de leurs mèches vieillies
ces quadrilles éventées »
ce jour allant
d’alignements coquets
de fièvres équivoques
d’orales perdues
de bistroquets fétides
ce jour allant
qui fut des nôtres
le reconnais-tu
il serait de bois blanc…
00:42 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24 mars 2008
CIMETIÈRE MILITAIRE
« … des efforts, des efforts pour convaincre, pour séduire, pour dissuader, des efforts toujours dans le même sens, celui de sa propre vérité … »
Ce ne sont peut-être pas les éléments de la réalité qui parfois font que je suis ému profondément au spectacle de la nature (voir Allé#6: ému par les colonnes), mais les circonstances, qui les rassemblent dans un contexte unique, composent avec eux et me transportent là où je ne suis encore jamais allé, mais que je connais pourtant bien.
Jeune, je humais devant moi un air qui me mènerait je ne savais où. Cet inconnu était pour moi source de rêveries sans fin. Cet état je parvenais à l’apprécier, à l’aimer et aimer j’espérais donc encore pouvoir savoir ce que c’est. Maintenant que tout, pratiquement, est joué, que, tout au moins, ce qui reste à jouer, j’en sais déjà la teneur, j’avance, asthmatique, le nez plein des jongleries clownesques à venir.
Il m’arrive cependant d’être surpris par l’oubli. Ce sont alors de courts moments de grâce pure. Je me retrouve comme dénudé, dégagé et je respire, le temps de quelques secondes, comme avant, délicieusement happé par une intime portion d’inconnu retrouvé. Je loue alors cette faculté humaine totalement qui fait que nous pouvons toujours perdre pieds , nous enfoncer, ou, pour dire autrement, nous retrouver. C’est des instants fugaces où je ne m’appartiens plus mais pendant lesquels, par je ne sais quel miracle, une part toujours lucide de moi-même qui veille au grain, me permet, à une certaine distance, de jouir de ma fuite.
"Comme j’y suis, comme j’y étais !"
Il ne s’agit pas de souvenirs, il ne s’agit pas de se souvenir, ni de rejouer une scène avec le même décor, mais bien, dans des circonstances toutes différentes, de se rassembler soi-même autour d’une même sensation, non de ses causes. Pas se remémorer ce qui pouvait faire qu’on sentait – lieux, odeurs, couleurs, sons, etc. – non, sentir vraiment ou, mieux, sentir toujours.
Qu’on n'ait plus d’âge alors peut se concevoir. Tout redevient possible alors parce que le sentiment de la désillusion s’est estompé lui aussi. Tout est sur le coup vite désappris y compris ce qui a fait que nous sommes devenus petit à petit des êtres tronqués, des vivants au plaisir bancale.
01:40 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 mars 2008
NÉON D’OUBLI
… je ne me souviens pas d’être né, je ne me souviens pas des appels passés, je ne me souviens pas d’avoir séjourné, je ne me souviens plus de quelle paille, je ne me souviens pas d’un unique appareil, je ne me souviens pas d’aucun coussin moelleux, je ne me souviens pas de quelque ruelle, je ne me rappelle pas qu’on me prenait au cou, je ne sais plus de quel sens, je ne me souviens pas des hostilités dans la cour, je ne me souviens pas de bras levés devant l’objectif, je ne me souviens pas de l’insanité d’alors, je ne me souviens pas des transformateurs, s’ils avaient été généreux, je ne me souviens pas de la piste de neige glacée à l’ombre et sœur au soleil, je ne me souviens pas d’écarts de langage, je ne me souviens pas d’un fameux figuier de discorde, je ne me souviens pas de mes jouets, je ne me souviens pas des nomades après-midi de fraîcheur, je ne me souviens pas de son tablier à carreaux, je ne me souviens pas du silence d’avant la déchirure, je ne sais pas quelle taille que je mesurais exactement, je ne me souviens pas si le clocher était loin ou proche, je ne me souviens pas d’une première semence recueillie dans le creux de la paume, je ne me souviens pas du murmure tacite des éoliennes, je ne me rappelle pas ta parure, je ne me souviens pas d’un saut par-dessus l’Alagnon, je ne me rappelle pas mes différentes signatures, je ne me souviens pas, je ne me souviens pas encore par la fenêtre, je ne me souviens pas wich ou which, je ne me souviens pas d’un croisement, d’un muret et de son grillage ou j’attendais peut-être des jambes, je ne me souviens pas de Malgaches jetés pieds et poings liés en plein vol du haut d’un hélicoptère tricolore, je ne me souviens pas des décisions brutales de conseils de classe, je ne me souviens pas de tous les forcenés, je ne me rappelle pas avoir vu ma mère pleurer, je ne me rappelle pas le célèbre « cou coupé » du soleil, je ne me souviens pas de ces indécentes entreprises de maçonnerie, je ne me souviens pas en aucun cas d’une terre globale, je ne me souviens pas des actes prononcés, ni de qui les a éparpillés, je ne me souviens pas des pupilles qui se dilateront sans doute sous l’effet du sel versé, je ne me souviens pas qu’on m’ait prévenu au prétérit, je ne me souviens pas qu’on ait soigneusement préparé mon lit, il arrive que je ne me souvienne d’aucun moment qui s’avance, je ne me rappelle aucune date anniversaire, je ne me souviens pas du courant fort, je ne me souviens pas d’avoir jamais eu réellement ni faim ni soif, ni froid ni peur, je ne me rappelle pas si on me l’a dit, je ne me souviens pas des traitements à la cortisone, j’ai oublié la forme exacte, j’ai oublié le nom du village, le chemin ferré sali d’ordures, le dépotoir de la ville qui s’annonce dans cette immonde traînée de merde, j’ai oublié si les gens s’alignaient, s’ils s’accroupissaient ou bien s’ils décidaient d’un commun accord de mourir sur place, je ne me souviens pas d’avoir eu froid en sortant de la piscine, je ne me souviens pas d’avoir été franc, je ne me souviens pas d’avoir tué qui que ce soit, je ne me souviens pas d’avoir flambé au casino, je ne me souviens pas de mes choix, de mes traînées de poudre, je ne me souviens pas non plus de son étymologie latine, je ne me souviens pas de sa joue sûrement rappeuse, je ne me souviens pas s’il a rendu l’âme à l’hôpital ou s’il était déjà clamsé lorsqu’on l’a retrouvé au matin en bas de la pente, lové dans le whisky et dans l’herbe mouillée par la nuit, je ne me souviens pas de ce qu’il a pu me faire, je ne me souviens pas si ses dents en or riaient avec lui, je ne sais pas si mes parents savaient, je ne sais même pas si c’est vrai, je ne me souviens pas comment on a pu parvenir à me faire comprendre qu’un bon oubli vaut mieux qu’une vie entière de repentance, je me demande si, finalement, la serrure n’était pas montée à l’envers, je ne sais plus si c’est moi qui le lui avais offert, je ne me souviens pas des bouches pincées, des fils barbelés, je ne me souviens pas d’un tollé général, je ne me souviens pas de la Pangée, je ne me souviens pas des veilles dans sa rue sous son balcon, je sais plus comment on salue, je ne me souviens plus où on rangeait les flammes, je ne me souviens pas l’avoir décroché du pal, je ne me souviens pas les perches tendues, je ne me souviens pas des mains calleuses du Docteur Dibildos, je ne me souviens pas d’un verre dépoli à la porte de son cabinet, je ne me souviens pas de toutes les catégories, je ne me souviens pas qu’il ait fallu courir, je ne me souviens pas entre les portes, je ne me souviendrais pas des conversations tenues que j’aurais oublié le contenu de toute façon, je ne me souviens pas des cuisses qui se croisent dans un crissement évanoui de nylon qui sent, je ne me souviens pas de Pierre Mourrer, j’ai perdu le sens des rapports, je ne me souviens pas d’avoir changé de classe, je ne me souviens pas d’avoir mérité ma place, je ne me souviens pas d’être revenu sur mes propos, je ne m’en souviens pas, j’ai oublié de quelle méprise, je ne me souviens pas des étonnements visqueux suivant le cauchemar de notre fiction romanesque, je ne me souviens pas qu’on m’ait un soir enseigné la gentillesse, la tendresse, le verbe haut, la migraine ou toute autre forme de savoir-vivre, je ne peux pas dire qui m’a conjugué, la première fois, et à quel temps, je ne sais pas à quelle période précise j’ai commencé à prendre en charge ma conscience, je ne sais pas où je lui ai lâché la main – après le grillage très certainement - je ne me souviens pas d’avoir abdiqué son sourire qui se voulait éternel, ni quand j’ai cessé de fréquenter sa salade de cheveux, je ne me souviens pas où se trouve l’Autriche sur la carte de l’Europe, je ne me souviens pas de l’homme tirant des leçons de ses échecs d’homme, je ne me souviens pas du choc des chairs bégayant le rouge de leurs membres arrachés, je ne me souviens pas des douloureuses ligatures, je ne me souviens pas que tes lèvres m’acclamaient dans la poussière, je ne me souviens d’aucune épine d’acacia plantée dans mon genou en shorts, je n’ai pas souvenir de manipulations orthographiques, je ne me souviens pas d’un père irrité tapant du poing sur le crâne de son petit garçon un samedi soir dans un magasin Carrefour, je ne me souviens pas de la maison, je ne me souviens pas de masturbation dans des chaussures, je ne me souviens pas d’un bleu d’Odilon Redon comme un œil qui observe et vitrifie, je ne me souviens pas du tout du Pendule de Jacob, je ne me souviens pas de « chats à la volée » , je ne me souviens pas de l’heure grave, je ne me rappelle pas le temps d’incubation de la varicelle, je ne me rappelle pas où était placée la télé avant qu’on monte la cloison, je ne me souviens plus si c’est hier ou avant hier que j’ai quitté Barcelone, je ne me souviens pas ce qui fait que j’aime perdre mon temps, je ne me souviens pas par quelle porte je suis entré, je ne me souviens pas de mes rêves, je ne me souviens pas des sagaies fusantes, j’ai oublié les traits mortels, je ne sais plus jouer cette mélodie, j’ai oublié qui c’était, ce qui m’a manqué pour ne pas me perdre, j’ai oublié d’en parler, je suis un être lumineux, un être lumineux, beau et libre dans le faisceau du néon aux oublis…
22:32 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poème, poésie, mémoire, littérature, art
24 février 2008
PORRIDGE
… comment peuvent-ils encore éprouver le besoin de s’agglutiner, de se fondre, de se confondre en ricanements mutualisés et il demeure au coin de leurs lèvres jusque dans leur dandinement pourtant quelque trace de ce qui s’apparenterait à un sentiment que j’ai dû finir par désapprendre depuis le moment où mon corps et son âme ont adopté l’insomnie comme moyen de transport qu’ils agitent leurs bras pantinesques qu’ils ouvrent leurs miroirs à poudre pour se refaire une beauté qu’on se dise, constipé, autour « mince ! si je pouvais moi aussi rayonner au sein de leur cercle » que le rail l’emporte cette bande de plumeaux bringuebalante elle ne vaut pas cher et mon cœur qui saigne de s’appesantir celui-là mon cœur bien élégamment crucifié foulé à la porte cochère qu’il ne convienne tout bonnement pas en me hissant tout légèrement je peux apercevoir dans le lointain encore endormi et vaguement haleineux chargé des brumes de la campagne qui fuit dans le gel je peux apercevoir donc le jeu subtile de leurs mandibules claquant finement l’air selon des règles transmises mystérieusement entre initiés tiens ! mais en voici d’autres ! c’est pas possible ! encore debout celle-là, la grande blonde sèche aux petits seins sous le chandail noir mais au museau quand même retroussé – qu’as-tu à me dire, à leur mentir ? tout de même, je me dis : « quel pot-au-feu ! » La relance hilarante est donnée par le départ du train ; secousses orgasmiques trépidations ce qui se produit et fait suinter le jus de l’ennui les masques se tordent au ralenti dans une joie grimaçante et un froissement de tôle qui ne sont déjà plus d’eux qui semblent faire masse pour de bon, ce qu’ils n’ont en réalité jamais cessé de faire
… ils finiront pourtant bien par se rendormir eux que la fatigue ne rançonne pas ces résistants du rien du tout jusqu’à la prochaine secousse ce soir demain matin j’ai l’impression de faire le ménage chez eux moi qui ne tire jamais le rideau ! moi qui ne ris jamais ensemble ! qui n’ai plus la force , moi qui suis condamné à veiller et à me plaindre moi qu’englue la bave tiède de leur hilarité clanique que je m’applique à racheter en pleurant dans le plus profond mépris dans l’inaction la plus crasse
… une sorte de cohue régnant une idée de dais de lassitude totale de dépassement camarade des formes duquel naîtrait un regard-sourire qui durerait bien dans les yeux les voix elles restent à l’état d’embryons les discussions avortent il est grand temps enfin que tous se découvrent un instant de commune dépression un allant collégial vers la reconnaissance et l’humilité et je me demande pourquoi tous ces gens n’écrivent pas pourquoi ils ne profitent pas de cette stérile rumination qui consiste en tout liberté et gratuité à faire gicler le sang comprimé de la frustration, des complexes, du ressentiment si gentiment tus
… Ô batailles menées que nous sommes loin[s] du compte vous et moi ! Ô lumière blafarde comme tu m’accompagnes - orgues limpides mon seul vrai nom Ô bergère humide comme je loue tes beaux bras et toutes les évocations miennes qui me soient fidèles quel étendard vous constituez quel corps insigne vous formez pour moi si je renâcle, c’est que celui que je manque reste coincé dans mon gosier il faut s’insinuer partout racler à fond l’écuelle encore grasse du présent un jour prochain je reprendrai l’affaire à mon nom je me vois trônant au bureau affalé dans le grand fauteuil en cuir les semelles au ciel il ne s’agit que d’images et même pas se projeter se projeter quelle foi ! explosé contre le mur se projeter lécher son avenir dégouliner à défaut de pouvoir déglutir puisque c’est sans doute ma fierté que je ne parviens pas à ravaler faire tout un plat du temps croiser ses mots mettre entre eux et la dague de sens la même distance qui nous tient à l’écart des moments qu’on vit aussi bien qu’ils nous vivent le temps d’une soupe injuste d’un clair bouillon et d’une fringale infinie mon cœur de häftling s’ampute volontairement d’une mémoire qu’il refuse de s’inventer au présent et au passé
… c’est sûrement pour cette raison que je fuis les regards-sourires, parce qu’ils m’aspergent parce qu’ils me mettent trop cruellement à l’épreuve parce que j’y retrouve aussi quelque chose de l’ironie morbide du tortionnaire qui demeure tapi derrière chaque œil en réserve d’un au-cas-où à venir en dormance prêt à fleurir dès qu’on aurait besoin d’un peu de haine fluide et de sang fécond à nouveau les fusils sont rangés et sommeillent tranquilles sous le tricot je ne m’exclue pas du lot des faibles, de la bourriche bondée des humains encoquillés aussi me forcé-je à ne pas me répandre, à ne pas fendre ma face en son tiers bas
02:05 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poèmes, poésie, écriture, littératue














