28 février 2009

LA FOLIE DU JOUR (fin)

 

« Je dus reconnaître que je n’étais pas capable de former un récit avec ces événements. J’avais perdu le sens de l’histoire, cela arrive dans bien des maladies. Mais cette explication ne les rendit que plus exigeants. Je rd'aprèsKiefer,tohtesupremebeing.jpgemarquai alors pour la première fois qu’ils étaient deux, que cette entorse à la méthode traditionnelle, quoique s’expliquant par le fait que l’un était un technicien de la vue, l’autre un spécialiste des maladies mentales, donnait constamment à notre conversation le caractère d’un interrogatoire autoritaire, surveillé et contrôlé par une règle stricte. Ni l’un ni l’autre, certes, n’était le commissaire de police. Mais, étant deux, à cause de cela ils étaient trois, et ce troisième restait fermement convaincu, j’en suis sûr, qu’un écrivain, un homme qui parle et qui raisonne avec distinction, est toujours capable de raconter des faits dont il se souvient.

Un récit ? Non, pas de récit, plus jamais. »

 

Maurice Blanchot, La folie du jour, fata morgana - 1973

Dessin d'après Kiefer To the Supreme Being. Le dessin n'est ici pas de moi; trouvé sur le blog suivant: CLIQUEZ POUR ETRE REDIRIGES ou sur le dessin directement.

 

 

 

 

 

12:01 Publié dans C. « HAUTS ET FORTS » | Commentaires (1) | Tags : poésie, poésie

Commentaires

Pas de problème pour l'image. Enchanté de faire votre connaissance.

A bientôt,
E.

Ecrit par : Emilio | 02 mars 2009

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