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29 mars 2008
POURTANTS
quelque qu’il en faillent nuient au peuple de se multipliÉes et leur indÉcence leur arrogance de presques poÊtes on dose prudents ce qui suies ce qui demandes des marches et quelque qu’il en faillent À gravir nous modelons aisÉes nos glaises pourtants
"j’ai vu dans ces glaises des pourtants que je n’avais pas encore conçus, j’ai saisi le jaillissement figé de leur sanguine sous-face : c’était d’une sorte de beau une fois de plus inespéré"
le « ce qui demande des marches » plaira à celui que « les coudes » ont pu séduire dans AMBLE
07:54 Publié dans A. MÉTÉORES AUSSI | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, écriture, littérature, art, écrits
WASHING MACHINE
L’Histoire se répète malgré que nous en ayons. Et le temps que nous dépensons à cultiver inlassablement notre mémoire dans la pieuse mais stérile observation de ce qui s’est passé pour éviter un triste retour des drames, nous dispense d’un examen lucide de ceux qui se jouent sous nos yeux, auxquels nous n’opposons qu’une molle grimace de réprobation, teintée d’un vague relent de honte.[évidence]
"Pour que cela ne se reproduise plus !" [ambiance]
A l’instant où nous disons cela, les choses se produisent, plus nombreuses peut-être.
Le temps passe, irrémédiablement, il est précieux, il est compté pour ceux qui souffrent au présent, et ceux qui souffrent au présent connaissent le poids de chaque minute qui passe.
07:40 Publié dans C. « HAUTS ET FORTS » | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, écriture, littérature, histoire, art, écrits
25 mars 2008
SAURAIENT
vèrent ceux qui nous aurons fournis en armes en fer forgé autre delà mines affairées sottes d’histoires valident la raison misante sans pudeure sur les nos-terres-froides à mi-saison
vèrent ceux qui nous recommencent sans la pudeurent d’une trêve sans sa raison littéraire histoire de suffisante pour qu’érodée notre mémoire nous érodent pour que veuillent les fers forgés qu’ils nous doives
vèrent ceux qui savent ponctué qui vous essaiment sans amour ni vérification préalable ceux qui vraient au nez des vents sincères dans la poudre le sang et le sucre jonglées courées
vèrent ceux qui nous aurons bercé le museau de leur lourdeur de tabac pur et de gabardine qu’ils si ils nous trouvent se trouvent confus abêtis soudainement dans leur reflet elles avait franchi à nos côtés sur la pente dès
vèrent ceux qui miroite face contre face perdus renvoyés de regards sans fond sans fin image invisible de l’infini vers ceux pour qui s’étendre valent bien une main tendue vers ceux qui ne s’écrit pas
vères toi qui m’attendais systématique ici en cette fin de texte qui ne veux plus ressemblé à un poème qui durerait encore qui sautent pour les éviter les cris d’orfraie vers ta faute vers ton origine vers ton crime ta naissance
15:26 Publié dans A. MÉTÉORES AUSSI | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, écriture, littérature, art, écrits
24 mars 2008
CIMETIÈRE MILITAIRE
« … des efforts, des efforts pour convaincre, pour séduire, pour dissuader, des efforts toujours dans le même sens, celui de sa propre vérité … »
Ce ne sont peut-être pas les éléments de la réalité qui parfois font que je suis ému profondément au spectacle de la nature (voir Allé#6: ému par les colonnes), mais les circonstances, qui les rassemblent dans un contexte unique, composent avec eux et me transportent là où je ne suis encore jamais allé, mais que je connais pourtant bien.
Jeune, je humais devant moi un air qui me mènerait je ne savais où. Cet inconnu était pour moi source de rêveries sans fin. Cet état je parvenais à l’apprécier, à l’aimer et aimer j’espérais donc encore pouvoir savoir ce que c’est. Maintenant que tout, pratiquement, est joué, que, tout au moins, ce qui reste à jouer, j’en sais déjà la teneur, j’avance, asthmatique, le nez plein des jongleries clownesques à venir.
Il m’arrive cependant d’être surpris par l’oubli. Ce sont alors de courts moments de grâce pure. Je me retrouve comme dénudé, dégagé et je respire, le temps de quelques secondes, comme avant, délicieusement happé par une intime portion d’inconnu retrouvé. Je loue alors cette faculté humaine totalement qui fait que nous pouvons toujours perdre pieds , nous enfoncer, ou, pour dire autrement, nous retrouver. C’est des instants fugaces où je ne m’appartiens plus mais pendant lesquels, par je ne sais quel miracle, une part toujours lucide de moi-même qui veille au grain, me permet, à une certaine distance, de jouir de ma fuite.
"Comme j’y suis, comme j’y étais !"
Il ne s’agit pas de souvenirs, il ne s’agit pas de se souvenir, ni de rejouer une scène avec le même décor, mais bien, dans des circonstances toutes différentes, de se rassembler soi-même autour d’une même sensation, non de ses causes. Pas se remémorer ce qui pouvait faire qu’on sentait – lieux, odeurs, couleurs, sons, etc. – non, sentir vraiment ou, mieux, sentir toujours.
Qu’on n'ait plus d’âge alors peut se concevoir. Tout redevient possible alors parce que le sentiment de la désillusion s’est estompé lui aussi. Tout est sur le coup vite désappris y compris ce qui a fait que nous sommes devenus petit à petit des êtres tronqués, des vivants au plaisir bancale.
01:40 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17 mars 2008
ECHO 3
« L’histoire c’est de l’héroïsme et de l’horreur mis en conserve, pour consommer dans les temps heureux. »
13:41 Publié dans K. ÉCHOS DE SOLESMES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11 mars 2008
ABOIS
il semble si peut pourtant ce qu’il n’encoure plus d’avance civet cothurne brève de respiration cavalcadée comme elle l’est n’avance pas ne se termine cette suffocation sans nom du proche de moi au pardessus jeté comme pierre fière de sont celle autonomes commes proches de la grève du bout de gras levé aux moignons roides hissées de leurs atouts dans l’hurlance de leur satané vagabondage rôti d’itinérants sauvants des termes : sourdes, lueur, ennui – ont ne rencontrent plus guère que des soucis de fréquence de guingois ce qu’auraient terni la gâchette persévère ce que nous tomberons nous le tomberons de haut ensembles et de fronts la plaie des mémoires elle se ra brandie en fondant elle nous engloutiras et sau ra tirer parti de nos fermetures portières en me bouchant les oreilles en vidants mes viscères j’aurais sauté du pont j’m’aurais vu mourir d’avant sauvé par maintenant rattrapé jamais j’aurais avalé le pain du reproche et des scrupules avalé ma gaule de devoir en jouant à me souvenir sans trêve et à bout d’ongles si j’avais dit ce que je psalmodie je me serais gifler gifler si franche d’altercation rien ne m’y aurait obligé ni sous les branches/buisson les collerettes d’enfants ni sous les concerts/hommages les môles assombris ni sous les anthologies/pochoirs les randonnées nationales j’aurais soufflé moi-même ma flamme de soldat inconnu d’un seul trait d’encre j’y aurais vu petit à petit la marque d’une blessure réelle sans âge elle miroitée d’air bleu de vagues promesses tenues de boutons d’or d’accalmies athées et d’étendards incolores j’aurais commencé à tenir la languette assis sur le petit banc de bois j’aurais misé sur les épines des murs et j’aurais peut-être songé à demander pardon
mais pas une fois d’aucun soupir je ne me serais résolu à vouloir me souvenir
23:23 Publié dans A. MÉTÉORES AUSSI | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 mars 2008
ÉCHO 1
« La poésie est atteinte quand une œuvre d’art quelconque s’intègre, ne fût-ce qu’un moment, à la vie réelle de l’homme par l’émotion qu’elle provoque dans son esprit et comme dans sa chair. La poésie n’est dans rien d’autre que dans la mise en commun d’aspirations diverses auxquelles l’œuvre d’art peut donner la violente illusion de s’être rencontrées. »
22:05 Publié dans K. ÉCHOS DE SOLESMES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pierre reverdy, poésie, poème, art
ÉCHO 2
« Ni gaies ni tristes, affreusement indifférentes et froides, les choses ne rayonnent ou ne s’obscurcissent qu’en nous. »
PIERRE REVERDY, Le livre de mon Bord – Le Mercure de France
21:35 Publié dans K. ÉCHOS DE SOLESMES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pierre reverdy, poésie, poème, art
02 mars 2008
NÉON D’OUBLI
… je ne me souviens pas d’être né, je ne me souviens pas des appels passés, je ne me souviens pas d’avoir séjourné, je ne me souviens plus de quelle paille, je ne me souviens pas d’un unique appareil, je ne me souviens pas d’aucun coussin moelleux, je ne me souviens pas de quelque ruelle, je ne me rappelle pas qu’on me prenait au cou, je ne sais plus de quel sens, je ne me souviens pas des hostilités dans la cour, je ne me souviens pas de bras levés devant l’objectif, je ne me souviens pas de l’insanité d’alors, je ne me souviens pas des transformateurs, s’ils avaient été généreux, je ne me souviens pas de la piste de neige glacée à l’ombre et sœur au soleil, je ne me souviens pas d’écarts de langage, je ne me souviens pas d’un fameux figuier de discorde, je ne me souviens pas de mes jouets, je ne me souviens pas des nomades après-midi de fraîcheur, je ne me souviens pas de son tablier à carreaux, je ne me souviens pas du silence d’avant la déchirure, je ne sais pas quelle taille que je mesurais exactement, je ne me souviens pas si le clocher était loin ou proche, je ne me souviens pas d’une première semence recueillie dans le creux de la paume, je ne me souviens pas du murmure tacite des éoliennes, je ne me rappelle pas ta parure, je ne me souviens pas d’un saut par-dessus l’Alagnon, je ne me rappelle pas mes différentes signatures, je ne me souviens pas, je ne me souviens pas encore par la fenêtre, je ne me souviens pas wich ou which, je ne me souviens pas d’un croisement, d’un muret et de son grillage ou j’attendais peut-être des jambes, je ne me souviens pas de Malgaches jetés pieds et poings liés en plein vol du haut d’un hélicoptère tricolore, je ne me souviens pas des décisions brutales de conseils de classe, je ne me souviens pas de tous les forcenés, je ne me rappelle pas avoir vu ma mère pleurer, je ne me rappelle pas le célèbre « cou coupé » du soleil, je ne me souviens pas de ces indécentes entreprises de maçonnerie, je ne me souviens pas en aucun cas d’une terre globale, je ne me souviens pas des actes prononcés, ni de qui les a éparpillés, je ne me souviens pas des pupilles qui se dilateront sans doute sous l’effet du sel versé, je ne me souviens pas qu’on m’ait prévenu au prétérit, je ne me souviens pas qu’on ait soigneusement préparé mon lit, il arrive que je ne me souvienne d’aucun moment qui s’avance, je ne me rappelle aucune date anniversaire, je ne me souviens pas du courant fort, je ne me souviens pas d’avoir jamais eu réellement ni faim ni soif, ni froid ni peur, je ne me rappelle pas si on me l’a dit, je ne me souviens pas des traitements à la cortisone, j’ai oublié la forme exacte, j’ai oublié le nom du village, le chemin ferré sali d’ordures, le dépotoir de la ville qui s’annonce dans cette immonde traînée de merde, j’ai oublié si les gens s’alignaient, s’ils s’accroupissaient ou bien s’ils décidaient d’un commun accord de mourir sur place, je ne me souviens pas d’avoir eu froid en sortant de la piscine, je ne me souviens pas d’avoir été franc, je ne me souviens pas d’avoir tué qui que ce soit, je ne me souviens pas d’avoir flambé au casino, je ne me souviens pas de mes choix, de mes traînées de poudre, je ne me souviens pas non plus de son étymologie latine, je ne me souviens pas de sa joue sûrement rappeuse, je ne me souviens pas s’il a rendu l’âme à l’hôpital ou s’il était déjà clamsé lorsqu’on l’a retrouvé au matin en bas de la pente, lové dans le whisky et dans l’herbe mouillée par la nuit, je ne me souviens pas de ce qu’il a pu me faire, je ne me souviens pas si ses dents en or riaient avec lui, je ne sais pas si mes parents savaient, je ne sais même pas si c’est vrai, je ne me souviens pas comment on a pu parvenir à me faire comprendre qu’un bon oubli vaut mieux qu’une vie entière de repentance, je me demande si, finalement, la serrure n’était pas montée à l’envers, je ne sais plus si c’est moi qui le lui avais offert, je ne me souviens pas des bouches pincées, des fils barbelés, je ne me souviens pas d’un tollé général, je ne me souviens pas de la Pangée, je ne me souviens pas des veilles dans sa rue sous son balcon, je sais plus comment on salue, je ne me souviens plus où on rangeait les flammes, je ne me souviens pas l’avoir décroché du pal, je ne me souviens pas les perches tendues, je ne me souviens pas des mains calleuses du Docteur Dibildos, je ne me souviens pas d’un verre dépoli à la porte de son cabinet, je ne me souviens pas de toutes les catégories, je ne me souviens pas qu’il ait fallu courir, je ne me souviens pas entre les portes, je ne me souviendrais pas des conversations tenues que j’aurais oublié le contenu de toute façon, je ne me souviens pas des cuisses qui se croisent dans un crissement évanoui de nylon qui sent, je ne me souviens pas de Pierre Mourrer, j’ai perdu le sens des rapports, je ne me souviens pas d’avoir changé de classe, je ne me souviens pas d’avoir mérité ma place, je ne me souviens pas d’être revenu sur mes propos, je ne m’en souviens pas, j’ai oublié de quelle méprise, je ne me souviens pas des étonnements visqueux suivant le cauchemar de notre fiction romanesque, je ne me souviens pas qu’on m’ait un soir enseigné la gentillesse, la tendresse, le verbe haut, la migraine ou toute autre forme de savoir-vivre, je ne peux pas dire qui m’a conjugué, la première fois, et à quel temps, je ne sais pas à quelle période précise j’ai commencé à prendre en charge ma conscience, je ne sais pas où je lui ai lâché la main – après le grillage très certainement - je ne me souviens pas d’avoir abdiqué son sourire qui se voulait éternel, ni quand j’ai cessé de fréquenter sa salade de cheveux, je ne me souviens pas où se trouve l’Autriche sur la carte de l’Europe, je ne me souviens pas de l’homme tirant des leçons de ses échecs d’homme, je ne me souviens pas du choc des chairs bégayant le rouge de leurs membres arrachés, je ne me souviens pas des douloureuses ligatures, je ne me souviens pas que tes lèvres m’acclamaient dans la poussière, je ne me souviens d’aucune épine d’acacia plantée dans mon genou en shorts, je n’ai pas souvenir de manipulations orthographiques, je ne me souviens pas d’un père irrité tapant du poing sur le crâne de son petit garçon un samedi soir dans un magasin Carrefour, je ne me souviens pas de la maison, je ne me souviens pas de masturbation dans des chaussures, je ne me souviens pas d’un bleu d’Odilon Redon comme un œil qui observe et vitrifie, je ne me souviens pas du tout du Pendule de Jacob, je ne me souviens pas de « chats à la volée » , je ne me souviens pas de l’heure grave, je ne me rappelle pas le temps d’incubation de la varicelle, je ne me rappelle pas où était placée la télé avant qu’on monte la cloison, je ne me souviens plus si c’est hier ou avant hier que j’ai quitté Barcelone, je ne me souviens pas ce qui fait que j’aime perdre mon temps, je ne me souviens pas par quelle porte je suis entré, je ne me souviens pas de mes rêves, je ne me souviens pas des sagaies fusantes, j’ai oublié les traits mortels, je ne sais plus jouer cette mélodie, j’ai oublié qui c’était, ce qui m’a manqué pour ne pas me perdre, j’ai oublié d’en parler, je suis un être lumineux, un être lumineux, beau et libre dans le faisceau du néon aux oublis…
22:32 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poème, poésie, mémoire, littérature, art














