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24 février 2008
PORRIDGE
… comment peuvent-ils encore éprouver le besoin de s’agglutiner, de se fondre, de se confondre en ricanements mutualisés et il demeure au coin de leurs lèvres jusque dans leur dandinement pourtant quelque trace de ce qui s’apparenterait à un sentiment que j’ai dû finir par désapprendre depuis le moment où mon corps et son âme ont adopté l’insomnie comme moyen de transport qu’ils agitent leurs bras pantinesques qu’ils ouvrent leurs miroirs à poudre pour se refaire une beauté qu’on se dise, constipé, autour « mince ! si je pouvais moi aussi rayonner au sein de leur cercle » que le rail l’emporte cette bande de plumeaux bringuebalante elle ne vaut pas cher et mon cœur qui saigne de s’appesantir celui-là mon cœur bien élégamment crucifié foulé à la porte cochère qu’il ne convienne tout bonnement pas en me hissant tout légèrement je peux apercevoir dans le lointain encore endormi et vaguement haleineux chargé des brumes de la campagne qui fuit dans le gel je peux apercevoir donc le jeu subtile de leurs mandibules claquant finement l’air selon des règles transmises mystérieusement entre initiés tiens ! mais en voici d’autres ! c’est pas possible ! encore debout celle-là, la grande blonde sèche aux petits seins sous le chandail noir mais au museau quand même retroussé – qu’as-tu à me dire, à leur mentir ? tout de même, je me dis : « quel pot-au-feu ! » La relance hilarante est donnée par le départ du train ; secousses orgasmiques trépidations ce qui se produit et fait suinter le jus de l’ennui les masques se tordent au ralenti dans une joie grimaçante et un froissement de tôle qui ne sont déjà plus d’eux qui semblent faire masse pour de bon, ce qu’ils n’ont en réalité jamais cessé de faire
… ils finiront pourtant bien par se rendormir eux que la fatigue ne rançonne pas ces résistants du rien du tout jusqu’à la prochaine secousse ce soir demain matin j’ai l’impression de faire le ménage chez eux moi qui ne tire jamais le rideau ! moi qui ne ris jamais ensemble ! qui n’ai plus la force , moi qui suis condamné à veiller et à me plaindre moi qu’englue la bave tiède de leur hilarité clanique que je m’applique à racheter en pleurant dans le plus profond mépris dans l’inaction la plus crasse
… une sorte de cohue régnant une idée de dais de lassitude totale de dépassement camarade des formes duquel naîtrait un regard-sourire qui durerait bien dans les yeux les voix elles restent à l’état d’embryons les discussions avortent il est grand temps enfin que tous se découvrent un instant de commune dépression un allant collégial vers la reconnaissance et l’humilité et je me demande pourquoi tous ces gens n’écrivent pas pourquoi ils ne profitent pas de cette stérile rumination qui consiste en tout liberté et gratuité à faire gicler le sang comprimé de la frustration, des complexes, du ressentiment si gentiment tus
… Ô batailles menées que nous sommes loin[s] du compte vous et moi ! Ô lumière blafarde comme tu m’accompagnes - orgues limpides mon seul vrai nom Ô bergère humide comme je loue tes beaux bras et toutes les évocations miennes qui me soient fidèles quel étendard vous constituez quel corps insigne vous formez pour moi si je renâcle, c’est que celui que je manque reste coincé dans mon gosier il faut s’insinuer partout racler à fond l’écuelle encore grasse du présent un jour prochain je reprendrai l’affaire à mon nom je me vois trônant au bureau affalé dans le grand fauteuil en cuir les semelles au ciel il ne s’agit que d’images et même pas se projeter se projeter quelle foi ! explosé contre le mur se projeter lécher son avenir dégouliner à défaut de pouvoir déglutir puisque c’est sans doute ma fierté que je ne parviens pas à ravaler faire tout un plat du temps croiser ses mots mettre entre eux et la dague de sens la même distance qui nous tient à l’écart des moments qu’on vit aussi bien qu’ils nous vivent le temps d’une soupe injuste d’un clair bouillon et d’une fringale infinie mon cœur de häftling s’ampute volontairement d’une mémoire qu’il refuse de s’inventer au présent et au passé
… c’est sûrement pour cette raison que je fuis les regards-sourires, parce qu’ils m’aspergent parce qu’ils me mettent trop cruellement à l’épreuve parce que j’y retrouve aussi quelque chose de l’ironie morbide du tortionnaire qui demeure tapi derrière chaque œil en réserve d’un au-cas-où à venir en dormance prêt à fleurir dès qu’on aurait besoin d’un peu de haine fluide et de sang fécond à nouveau les fusils sont rangés et sommeillent tranquilles sous le tricot je ne m’exclue pas du lot des faibles, de la bourriche bondée des humains encoquillés aussi me forcé-je à ne pas me répandre, à ne pas fendre ma face en son tiers bas
02:05 Publié dans B. ASPIRES | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poèmes, poésie, écriture, littératue















Commentaires
Voilà qui est bien senti, les multiples açores d'un lit vertical avec les yeux portés en pleine lésion... vos mots aussi reconus par mon attention. Merci
Et merci pour votre message, Querlas.
Querlas qui est en fait: sebastienfaure@usa.net. A nos échanges prochains
Ecrit par : Querlas | 25 février 2008
Tiens, je passais juste mettre une feuille de laurier.
Ecrit par : Kath | 25 février 2008
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