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29 décembre 2007

RE: "Sur Edith Piaf"

Je publie de nouveau un article qui date de février 2007.

Les raisons? D'1 je suis un peu énervé - 2, l'article m'amuse - 3, j'ai rien d'autre à publier. 

 

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" Qu’il est bon de pouvoir ouvrir son petit espace tout subjectif de ressenti personnel.

On ne parle jamais que de soi.

On s’évoque dans la forme adoptée, on s’y roule, s’y vomit, on s’y trompe, on s’y trahit … Quel bonheur ! on n’a pas à se justifier [on n’a pas à s’essuyer les pieds sur le paillasson – en entrant, je veux dire, pas en sortant comme certains fondus de la parabole domestique]. Ce n’est pas une métaphore, c’est une projection pure de mon esprit qui s’est vu, après l’écriture du morceau « on n’a pas à se justifier », debout, sur le seuil, frottant ses pieds sur un paillasson (neuf).

Il me semble qu’on évacue un panier entier de qualités lourdes à porter, et, finalement, si collantes qu’elles ralentissent tout, musèlent, écourtent..

C’est peut-être ça la véritable décence.

… ressenti…

Tout ce qu’on laisse dans les mailles du cadre comme énergie, comme intensité amoureuse ! On n’échappe jamais complètement au convenu et, dans la démarche qu’on croit engagée pour en sortir, on atteint quoi, au bout du compte ? rien de plus qu’un autre type de convention.

De convention en convention, ce qu’on gagne en prétendue liberté, on le perd en contour, en chair, on s’amenuise jusqu’à ne plus ressembler à rien, ou par – ce qui revient au même – ressembler à tout ce qui a déjà été tenté.

On a le droit de se tromper ! oui ! D’être approximatif, mal documenté, mal renseigné – comme on a le droit d’être difforme : pourvu qu’on soit vrai. A moins que non, finalement…

C’était déjà suffisamment compliqué avec cette histoire de responsabilité.

Mais voici mon propos du jour :

 

J’aime plutôt bien la notion d’intempérie intruse et raffinée. Dans la mesure où un certain type d’inconfort [dans l’art par exemple] est susceptible de me propulser dans l’étrange (mais hautement apprécié) intervalle d’un état mal défini, la survenue en pleine journée d’août d’une subtile percée automnale par la soudaine douche grasse et rafraîchissante d’une pluie d’orage – et son cortège de sombres, noirs et gris – est la bienvenue. Je suis tout disposé à me laisser séduire par l’intempérie. Car l’intempérie, à ce niveau, se détache, pour moi, du mauvais temps. L’intempérie surprend, réveille, interpelle ; le mauvais temps qui s’installe, lasse, use, taraude et, surtout (nous en avons tous fait l’expérience), dure !

Sort aujourd’hui en salle un film retraçant (je crois) la vie ou la carrière, ou les deux, d’une chansonnière très connue en France et qui s’appelait Edith Piaf. Je ne sais quelles sont les critiques à propos de ce film, mais ce dont je suis sûr c’est qu’il sera donné de voir et d’entendre dans les média ces jours prochains de nombreuses personnalités du grand monde des arts populaires exprimer leur adoration pour celle que le discours général est prêt à élever au rang de mythe.

Qu’il me soit donné ici de m’élever (moi) en faux (pour une fois) contre un avis presque globalement partagé.

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Je ne connais pas vraiment le répertoire ni la vie de « La Môme » comme on la surnommait [c’est aussi je crois l’astucieux titre donné au film], et pour cause : je n’ai jamais pu écouter plus de trente secondes une seule de ses interprétations.

Son timbre de voix m’est une affreuse torture infligée, sa diction m’exaspère; ses relents nasillards, gutturaux, je ne peux bien les décrire, non pas par manque de mots, mais par défaut de notions adéquates .

Physiquement, totalement, complètement, de tout mon être sentant, je rejette cette voix dès qu’elle se fait entendre.

La musique de bastringue qui s’applique à ses jérémiades, ses jappements poétiques (« quand il me prend dans ses bras – qu’il me parle tout bas – et caetera) m’énerve exactement de la même manière qu’un grincement de dent, un gant de toilette qu’on essore, un sucre qu’on suçote, un coin de col de chemise qu’on mâchouille [je ne compare pas, j’image un ressenti physique !].

La personne entière dans laquelle s’amalgame cette triste somme d’une richesse toute populaire – je veux dire par là, communément entendue, admise – et que chacun s’accorde apparemment à trouver belle, m’inspire un vague dégoût [tout bien considéré pas si vague] que j’essaye tant bien que mal de réprimer, par correction, car je suis de nature douce, placide, tolérante et me considère plutôt comme quelqu’un de correctement élevé. Je ne puis cependant m’empêcher de trouver Piaf extrêmement moche.

Vous vous demandez peut-être : « Pour quelqu’un  qui dit aimer être bousculé dans ses habitudes esthétiques, dérangé et plongé dans un certain type d’inconfort, comment fait-il pour ne pas tomber pas sous le charme évident de la fragilité même faite chair ?»

Oui, c’est drôle en effet, Piaf me dérange, et je n’arrive pourtant pas à l’apprécier !

L’art de « Laaaa môôôômeu », a effectivement le don de m’anesthésier ; il ne me surprend pas, ne me réveille pas, ne m’interpelle en rien, comme sait pourtant le faire n’importe quelle belle petite intempérie ; il me lasse au contraire, m’use, me taraude et, surtout, je le déplore (témoin ce film témoignage) dure, ainsi que le mauvais temps.

Oui, tout l’art de piaf n’est pour moi (et moi seul !) que mauvais temps, sans surprise, et je me sens perdu au milieu de la tempête qui fait rage, espérant tout de même la venue prochaine, rapide et  salvatrice de l’extinction de voix qui sera mon éclaircie.

 

J’ai choisi une forme adaptée au propos. Le développement métaphorique est bien sûr un peu grossier, l’écriture, en substance, pas dérangeante pour deux sous, plutôt facile, convenue même pourrait-on dire (mais l’inverse fâche, j’en ai fait les frais !) Si j’aime à subir et à me laisser surprendre par les petites intempéries, je ne déteste pas parfois, à titre tout privé, installer la dépression quand je la juge nécessaire."

               "Sans renommée, pas de talent."

28 décembre 2007

IL Y AVAIT DES COMMENTAIRES

"Constatant l'absence croissante de commentaires déposés sur mon blog pourtant visité (j'ai consulté mes STATISTIQUES) je suis allé relire certains auxquels j'ai répondu. J'ai toujours pensé à revenir sur ces échanges. J'en reproduis un ici."

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 Commentaires

1. LA LECTRICE:

Euh... Je ne comprends pas : c'est de l'art, c'est ça ?

Ecrit par : Boulon | 21 mars 2007

 

2. MOI:

Chère madame (La prof va craquer, énervements et invectives – titre du blog http://profdefrancais.hautetfort.com/).
Laissez-moi tout d’abord vous remercier d’être venue visiter mon « blog ». Comme je me suis « publiquement » engagé récemment sur mon espace à répondre à tous les commentaires déposés, je me dois d’honorer ma parole. Je reprends dans un premier temps le propos essentiel (dans tous les sens du terme) de votre message :
« Euh... Je ne comprends pas : c'est de l'art, c'est ça ? »
(NOTE : vous ne m’en tiendrez pas rigueur je pense, cet article sera mis en ligne sur mon blog, pour contenter les lecteurs impatients et curieux auxquels j’ai promis de rendre compte du suivi de mes commentaires).
Je m’apprêtais donc à répondre à votre question sans prendre la « précaution » de visiter votre travail poétique sur votre blog. Je m’y suis donc rendu. Réflexion faite , j’ai décidé de formuler une première réponse en m’efforçant de faire abstraction de ma visite.


1. « Euh... Je ne comprends pas : c'est de l'art, c'est ça ? »
Sans malice aucune, ni effet de style je suis tenté d’avancer que la réponse à votre question tient entièrement dans le texte même qui vous la fait poser. Il va sans dire que de toute façon, si par chance il vous vient l’envie d’aller la rechercher, elle ne tiendra qu’à vous, c’est à dire à ce que vous mettrez de votre personne pensante et sentante pour la trouver et, cela fait, pour oser la formuler (d’une manière, il faut l’espérer pour vous, un peu plus développée que celle employée pour la formulation de la question).


2. « Euh... Je ne comprends pas : c'est de l'art, c'est ça ? ».
Je me suis donc rendu sur votre blog (La prof va craquer, énervements et invectives). Je suis d’abord « tombé » sur l’article : La dévoration du vide (bravo au passage pour cette audace lexicale : « dévoration »). La description est efficace! J’ai cru à plusieurs reprises
être à vos côtés en visite dans le triste appartement de vos pauvres voisins, effectivement, d’après ce qu’en peut laisser croire le portrait, « évitables ». J’ai presque retrouvé à la lecture du passage, le frisson que le jeune homme que j’ai pu être il y a quelques dizaines d’années (et alors complètement insensible à l’art) se souvient d’avoir éprouvé un jour (sans rien y comprendre) à la lecture du texte magnifique d’un obscur et pourtant brillant écrivain pragois, dans lequel il est question, à un moment, de l’intrusion du pauvre héros persécuté, dans les arcanes insondables d’une tentaculaire machine judiciaire. Le vide. Dévoré par le vide. Je comprends votre souffrance et je m’imagine facilement que mon appartement poétique (vous me pardonnerez la facile métaphore) à dû vous paraître lui aussi bien vide ? Une visite de trop ! Je m’en excuse !


3. « Euh... Je ne comprends pas : c'est de l'art, c'est ça ? ».
J’ai ensuite visité, je veux dire ; lu votre deuxième article : La politique et la poésie (II). Je lai lu donc, oui, et, je dois l’avouer (preuve indiscutable de la qualité de votre écriture à propos de laquelle, en tant qu’écriture, il n’y a rien à redire), je l’ai compris. C’est en effet une agréable et claire déambulation qu’offre cet espace de savoir admirablement meublé, agencé, décoré avec soin, avec goût, plein de la bonne odeur du livre, dont on ressort pétri de la saine volonté intellectuelle qui sait nous mettre en demeure de cesser, incontinent, toute divagation pseudo littéraire. Il ne s’agissait là que d’une pièce, la première (en fait la deuxième – c’était précisé II après le titre), une sorte d’antichambre peut-être. Je me suis dit alors: « Cette dame est châtelaine ». J’ai à peine osé m’aventurer dans la pièce suivante, de peur de me laisser prendre au piège (de moi bien connu) de l’érudition, et finir comme le pauvre K dans les mailles de la justice, groggy, estourbi, annihilé.
J’ai renoncé, par humilité.


J’ai dû subir (en sensation) la leçon pourtant évoquée sur mon blog dans un récent article citant un grand poète portugais, de l’incompréhension entre les êtres humains. Restons donc chacun sur son île puisque nous n’avons pas le choix. J’ai quant à moi depuis un certain temps identifié l’origine de mes émotions les plus fortes, les plus durables, les plus vraies. Elles se bornent aux limites infranchissables de la compréhension. Je les y cherche, les y cultive, les y provoque. Il ne tient pas à moi de dire si mes gesticulations pour faire signe sont de l’art (même s’il me revient le droit d’affirmer si oui ou non elles sont l’expression d’une quelconque intention artistique) ou non. Vous en amenez la question ; la réponse vous échoit de fait.
Bien évidemment cette question m’a souvent été posée. Dans différentes circonstances, par différentes personnes, en différents salons: des salons pleins de livres, mais aussi des salons sans livres, avec juste une télé pourrie, et même peut-être des traces de rond de verres de vin sur le plateau de l’inévitable table basse jonchée de pauvres magazines qui ne demandaient rien à personnes. Et pourtant la question était posée, mais, jamais sans rire ni dégoût, sans véritable a priori, dans une espèce de pleine et franche naïveté qui venait agréablement combler l’autre vide et qui invitait, elle, à une riche réponse, généreuse, large, amicale, presque complice. Une réponse, de toute façon, d’îliens.

Vous êtes la bienvenue sur mon blog, les rubriques y sont variées, certaines d’entre elles, si cela peut vous encourager, sont compréhensibles.

Cordialement.
Ph. L.

Ecrit par : Ph. Leteissier | 22 mars 2007

 "Pour être juste je publie la réponse à ma réponse..."

 

 3. LA LECTRICE:

Cette question, sous des dehors ironiques et naïfs, se voulait souriante.
Je visite votre blog avec plaisir.

Ecrit par : Boulon | 22 mars 2007

DIALOGUE IMPROBABLE # 6

 

 

où nous avouons nos couleurs subtilement battues de mots 

tes renoncements sont de Bengale mais sans faste

s’inopèrent les sucres lents du métier la voix détissée 

ta danse tu la mérites ta roue voilée tes embarras

or je marche droit sans fautes au bord du précipice 

bois l’eau qui lave tiens-toi prêt dans le midi

ceux qui m’étonne ne le voulont pas d’un franc cœur 

et pourtant patient tu franchis les seuils encombrés

ceux que je n’étonnent plus pâlis m’énonce os par os

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22 décembre 2007

DIALOGUE IMPROBABLE # 5

 

sans m’a saigner gorge et cous sommes

si c’est s’évacuer c’est de peine que tu voyages

 

pauvre lunule d’à moi tu n’y figure qu’éphémère

 

rongé ton destin peu banal siège à l’origine

 

s’est aussi la fin qu’en partie détruis ton axe

 

toutes les victuailles les liens d’avant il faut parler

 

sans souffle comment parler puisqu’à la parole, la parole

 

et sans élan comment gagner ses steppes va

 

aimes sens rideau fidèles kinescopie ininterrompue

 

 

je lis dans les entrailles dans le marc de ta douleur étalée

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21 décembre 2007

DIALOGUE IMPROBABLE # 4

 

variés des bras levés des ordres criers sans obstacles 

au peu de vent soulevé par les clameurs tu ne suffis pas 

de  ce que je m’agitant insuffisant dépend rien assez

tes belles lueurs falotes n’effraient pas

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20 décembre 2007

DIALOGUE IMPROBABLE # 3

 

 

de ce qui donnez donne l’effervescence  sait l’essaim abordé

 

 

de ce quai d’horizon que tu t’effraies naît un jeu d’ombres portées

s’errent s’épisodent et se diluent les goûts à peine mâchés

d’un dais brumeux s’effilochant dans une lenteur dentelée

se que je me refuse à ces orées moins pédagogiques

visée d’un bonheur je sais tu y sacrifies l’ordre

 

 

on aurait [dû] aimer plus de blancheur comme un[e] voile

 

 

ô ces manies lavées pourtant ce qu’elles tiennent dans l’air !

sans heur ton fanion voulant m’y résoudre pour la voix

ce que je consume c'est pour toi: "je s’est l’aimé"

 

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19 décembre 2007

DIALOGUE IMPROBABLE # 2

 

 

 

la jetée des sorts qu’offerts ils s’en valaient

 

reléguons nos accusations appuyons nos demandes

 

ne nous en fallons plus comme autant

 

ils souffrent de te sentir vivre et mordre malgré ton péril

 

 

sous le jour du certain signont dans l’intervalle

 

 

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17 décembre 2007

EN ROUTE!

... bien avant que soient déclarées "générales" les conditions évoquées par le manuel fourni avec la bombe artisanale. Un peu de peinture britannique dans la grisaille continentale
"De qui qu'on se fout de la gueule"
philosophait mon:
jeune-crétin-de-voisin-de-banquette
-en-squaï-orange-merdique
dans le train ce matin. Cela dit, il était merveilleusement habillé pour l'occasion matinale de se rendre à son TAF (TAFE, TAFEU, TAPH, TAPHE??): des superbes TN "Of Luxe" blanches et roses, des chaussettes (Carrefour je crois - j'ai les mêmes) blanches aussi avec une série d'anneaux colorés vers le haut (gris, bleu-ciel et gris-bleu), une culotte de jogging blanc, avec une sorte de reflet irisé dans le blanc, un blouson en cuir beige qu'allait trop bien avec ce qui y avait en bas, dépassant du col, une écharpe blanche (enfin plutôt blanchâtre on va dire) dans une espèce de matière qui avait en tout cas l'air absorbante, et sur la tête, pour finir, une casquette Nike, blanche, encore... la classe quoi... Moi je martelais dur. J'étais au point avec mes effigies. Je comprenais rien du tout à ce qui se passait dans le compartiment. Mais où diable pouvaient donc bien pouvoir se rendre tous ces gens, par quoi pouvaient-ils pouvoir être attirer? Ils maniaient pourtant bien la contredanse. Ils avaient de très beaux livres vissés sur les genoux (EN SOLDE), des PC Portables qui bipent (EN SOLDES), des ouvrages de tricot avec paires d'aiguilles qui gigotent à droite et à gauche (EN SOLDE), des collants nylons noirs (EN SOLDE), de beaux petits nichons sous le chandail bleu marine (EN SOLDE - le chandail), des sourires disgracieux (EN SOLDE), des airs, parfois, de comprendre mieux que les autres (EN SOLDE), bref, une poignée d'êtres en chemin vernis pour le Terminus. Pour nous aussi: terminus...
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15 décembre 2007

CAR

VIDEO POEME # 1

CAR - 4'09 - format: téléphone mobile - noir et blanc - mono

texte dit: philippe leteissier 

image, montage, traitement sonore: philippe leteissier

insert musical en boucle: extrait de: "If you talk too much my head will explode" (PEOPLE IN PLANES)


Vidéo déjà présentée il y a plusieurs mois - sans commentaires...

 

CAR (la vidéo)

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